La mesure RH, il faut plonger MAINTENANT!

gants blancsC’est là que ça se passe… Pas de gants blancs, pas de retenu, je me lance! Pour ce 38e billet, j’étais supposée de vous parler de planification stratégique de la main-d’œuvre. Ayant reçue ma certification en Strategic Workforce Planning de la Human Capital Institute aux États-Unis en juillet dernier, je m’étais dit que je pourrais vous faire un petit billet là-dessus. Eh bien, il y a juste les fous qui ne changent pas d’idée… et j’ai changé d’idée (« too bad » pour le calendrier de publication que j’avais soumis à mon patron au début de l’automne, la planification stratégique de la main-d’œuvre attendra).

Le déclic s’est fait au Second Cup de la gare Centrale de Montréal, c’est là que je m’assois toujours pour attendre mon train en direction de Québec (je prends un latté et je réfléchis à mon prochain billet). C’est dans le train que j’écris mes billets de blogue… Le train, cela m’inspire, je suis tranquille et j’écris – et je peux même prendre une petite bière en le faisant.

Je sors tout droit du congrès des CRHA et j’ai rencontré encore une fois plein de gens, des gens super intéressants (je vous l’ai déjà dit, j’aime le monde, j’aime les RH. Dans mon profil Atman pour la dimension sociabilité, je suis une extravertie – un genre de tourbillon qui aime créer des liens…). Je vous ai dit aussi que je disais tout ce qui me passait par la tête – au grand dam de mon mari (ça aussi, c’est dans mon profil Atman – vous n’hésitez pas à discuter de pratiquement tout ce qui vous passe par la tête, c’est écrit textuellement comme ça). Des fois, c’est bon, d’autres fois moins… mais bon, je suis comme cela.

Alors je me lance (j’espère quand même avoir encore mon emploi demain…), je me demande souvent si les professionnels RH, les dirigeants RH, les VP-RH et même l’Ordre des CRHA regardent ce qui se passe ailleurs… Le sujet qui attire le plus présentement dans les conférences aux États-Unis comme en Europe c’est :  « comment les RH peuvent-elles utiliser la puissance des données et de l’analytique pour livrer des résultats d’affaires exceptionnels (lire entre les lignes : devenir un partenaire d’affaires stratégique) ». Que ce soit au HRO Today Forum, à l’HR Tech, à l’HR Tech Europe et j’en passe ce qui attire c’est le « worfkorce analytics », le Big Data et tout ce qui a trait aux données et aux indicateurs de performance en RH. On y parle de long en large de la connexion entre le rôle émergent du partenaire d’affaires stratégique et l’utilisation de données, des indicateurs et des outils d’analyse.

Comme l’a dit Elliot Clark CEO de HRO Today (et là je ne traduirai pas): «  As we have moved from the era of technology to the era of information and data, workforce analytics have become the critical elements in the management of HR ». Il y a aussi Dan Pink (que j’adore, mais pas autant que Dave Ulrich) qui a dit au dernier congrès de la CIPD (Chartered Institute of Personnel and Development) « Hunches are good, but data is betterl » en pressant les gens à s’approprier l’analytique pour ainsi devenir des influenceurs stratégiques dans leur organisation.

Aussi, lors de l’HR Tech Europe 2013, Josh Bersin  a fait un discours enflammé sur le fait que la « datafication » des RH sera aussi importante pour l’organisation que l’électricité le fut, il y a 100 ans de cela. Il a dit et je cite : « Analytics could be HR’s last chance to be relevant ».

C’est ce que je vous rabats dans les oreilles depuis maintenant deux ans dans la plupart de mes billets de blogue (peut-être pas dans les oreilles, mais dans la face). Maintenant, plus que jamais, les RH ont besoin de prendre des décisions (non pas basées sur l’intuition, mais bien basées sur des faits) et de passer à l’action beaucoup plus rapidement. Comme dirait mon patron « Maintenant, ça va trop vite, la concurrence vient de partout, on n’a pas le choix d’avoir des outils pour nous aider ». Faire partie de la gang qui prend de meilleures décisions, et ce plus rapidement est ce qui permettra aux RH de développer et exécuter la stratégie (RH) qui les différenciera de la concurrence.

Vous avez le désir de vous sortir de la paperasse, de la conformité et du monde opérationnel? Non? (Bien souvent, je me dis que non…) Vous voulez être directement impliqué dans la direction de votre entreprise? L’amener à la prospérité? Non?

Eh bien, les astres sont alignés… maintenant, la majorité des dirigeants RH relève directement du président (j’aimerais bien avoir une statistique là-dessus pour le Québec, aux États-Unis, cela atteint près de 80 %…). Maintenant, vous avez l’oreille de votre président, car le talent est la priorité no 1 des organisations. Le manque de talent peut empêcher une entreprise de croître, de prospérer, peut même tuer une entreprise. Cependant, une étude récente réalisée par l’Economist Business Intelligence Unit révèle que bien que les PDG d’entreprises soient prêts à donner la chance aux gens de RH à jouer un rôle stratégique, seulement 38 % trouvent que les RH satisfont leurs attentes… Ayoye! Cette même étude révèle que PLUSIEURS dirigeants RH sont encore focalisés (et pognés) dans les processus et les règles, qu’ils ne comprennent pas assez la business et qu’ils ne développent pas des plans stratégiques RH alignés sur la stratégie d’entreprise (Re-Ayoye!).

C’est quoi le problème? Je vous dis que je cherche… Éclairez-moi! Où sont les professionnels RH qui réclament de parler à leur patron parce qu’ils ont des informations critiques, des recommandations basées sur leur plus récente analyse de données? (Il en existe certainement! Où êtes-vous?) Vous souvenez-vous de l’article de 2005 dans Fast Company « Why we hate HR », non? Vous ne l’avez pas lu… Je vous le conseille. Vous verrez qu’en 8 ans, rien ou presque n’a changé. 8 ans! À la vitesse où ça va présentement 8 ans, c’est une éternité (en tout cas en informatique, c’est le cas).

Je répète, c’est quoi le problème? On dirait que vous jouez à l’autruche, si l’on reste assez longtemps la tête dans le sable et bien, ça va se régler… L’histoire des données, des calculs, des statistiques, du Big Data, tout cela ne durera pas. Si je me mets à espérer assez fort, mes données RH vont s’assainir toutes seules. J’en entends des excuses tous les jours, nos données ne sont pas bonnes, ce n’est pas dans notre culture, on n’est pas encore là… Mais que faites-vous pour améliorer la qualité de vos données? Que faites-vous pour changer la culture? Que faites-vous pour vous rendre là? La tête dans le sable…

Vous devriez voir ce que certaines personnes m’écrivent : « N’oubliez pas que vous parlez d’hommes et non pas de choses que l’on peut jeter. » Ou encore : « Je ne peux que « bondir » quand je vois écrit: « capital humain ». Mais où sont les Droits de l’Homme, la charte de l’ONU de 1948? » Cette sacrée peur de déshumaniser la fonction ressource humaine. Cela me contrarie vraiment… J’en suis presque fâchée, non frustrée (je n’ose imaginer ce que cela sera lorsque j’entrerai dans ma ménopause).

Plusieurs professionnels RH croient qu’il est impossible de mesurer le capital humain (et là, j’ai des noms, des personnes intelligentes avec des maitrises en RH, avec des gros jobs), car les phénomènes humains ne se prêtent pas à la mesure. Il est difficile de mesurer ce que l’on ne maîtrise pas… La gestion des ressources humaines n’est pas une science… Pourtant ont dit bien les sciences de la gestion? Non…

Posez-vous la question : combien de temps encore votre profession sera-t-elle encore là?  Combien de temps encore les présidents d’entreprise vont-ils endurer cela? Je vous les déjà dit, il y a des entreprises où la fonction RH a complètement disparue. Je vous invite à lire ou à relire J’ai vu l’avenir (ou le chant du cygne ) pour la fonction RH.

Malgré tout, je crois que vous êtes à la croisée des chemins et qu’il y a quand même de l’espoir (l’optimisme est l’une de mes caractéristiques). Voulez-vous poursuivre sur votre lancée et continuer à prendre des décisions basées sur votre intuition et continuer à perpétuer la réputation des RH d’être très efficace avec les mots, mais bon à rien avec les chiffres? Le futur c’est maintenant! C’est maintenant que l’on prépare l’avenir! Pour ma part, je mise beaucoup sur la prochaine génération. On verra…

Qu’est-ce que l’Ordre des CRHA fait pour améliorer la situation? Est-ce qu’elle regarde ce qui se fait ailleurs? À la CIPD au Royaume-Uni avec leur initiative Valuing your talent, ou chez nos voisins du sud, avec les Human Resources Management Standard de la SHRM. Je ne suis pas dans le secret des dieux, loin de là… mais, il me semble que l’avenir, cela se prépare.

Bon, je sais, j’ai été un peu raide… Ce n’est pas facile, les RH doivent être un peu schizophrènes et avoir plusieurs personnalités : demeurer le champion des employés et rester pertinents en aspirant à devenir un partenaire stratégique. Mais, je vous le dis, vous n’y arriverez pas sans utiliser davantage les données…

Voilà, c’est tout pour cette semaine (et peut-être pour toujours… personne ne lit mes billets avant publication, certains ne seront pas contents de ce que j’écris, tant pis).

Je vous le répète, n’hésitez pas à commenter (que vous soyez d’accord ou non), n’hésitez pas à me challenger, n’hésitez pas à me dire que je suis dans le champ… J’ai mes opinions et j’aime les partager… Mais je respecte aussi les vôtres. C’est ce que je vois du côté de ma médaille, et il y a toujours deux côtés à une médaille.

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La mesure RH fait son chemin! Lentement mais surement!

faire son cheminÀ la fin novembre, cela fera deux ans que j’écris sur la mesure RH et que je me promène dans plein d’évènements pour faire ce que j’appelle de l’évangélisation de la population RH. Vous dire que c’est facile serait mentir, vous dire que je n’aime pas cela serait aussi vous mentir. J’adore vous rencontrer, j’adore parler avec vous, j’adore vous expliquer qu’avec des indicateurs RH vous pouvez prouver votre valeur en tant qu’acteur stratégique de votre organisation. Moi, j’y crois! Je crois que vous pouvez y arriver, je crois en la nouvelle génération qui semble d’ailleurs plus portée sur les nouvelles technologies, plus porter sur les calculs, plus porter sur la mesure que la génération précédente. Mais, ce n’est peut-être qu’une impression.

Je crois beaucoup en la valeur de la tribu, je crois beaucoup en l’entraide, je crois beaucoup au réseautage… C’est pourquoi, dans les prochains jours, je vais créer un groupe LinkedIn sur la mesure RH. Un groupe qui vous permettra de réseauter, de partager, d’aider et aussi de recevoir. Au Québec, on trouve très peu de benchmarks sur les principaux indicateurs RH. La majorité de ce que je déniche provient des États-Unis. Ce groupe servira aussi à cela… à tenter de vous «benchmarker » avec d’autres entreprises de votre secteur d’activités, de votre taille ou de votre région. Je sais, vous vous dites, pas un autre groupe LinkedIn… Il y a longtemps que j’y pense, du contenu, j’en ai à profusion. Vous alimenter avec les dernières tendances, les derniers articles sur le sujet; voilà ce que je veux faire. Répondre à vos questions aux meilleurs de mes connaissances, c’est aussi ce que je veux faire. Mais, vous aussi vous pouvez y contribuer. Vous en vivez des choses, vous en avez des solutions et probablement souvent plus terre-à-terre que ce que j’ai à vous offrir. Donc, surveillez notre nouveau groupe LinkedIn  « Mesurer le capital humain » qui verra le jour très, très bientôt.

Le 8 octobre dernier, j’ai eu la chance d’animer avec Julien Darolt, du Groupe Optimisation un atelier sur les KPI dans le cadre de TruMontreal. J’aurais bien aimé vous faire un résumé de l’atelier et tout ce qui s’est dit, mais quelqu’un l’a déjà fait (et très bien fait d’ailleurs). Thelma Reuff par le biais du blogue de Sandrine « La Source Humaine » Théard a été capable de bien synthétiser les points forts de cet atelier. Vous pouvez lire le résumé de Thelma « TruMontreal, le KPI  » ici.

Je vais donc vous parler du reste de mon expérience à TruMontreal. Mon premier commentaire « Quel bel évènement! » Tout recruteur ou personne touchant de près ou de loin au recrutement se doit d’y être. Vous pouvez y partager une foule d’informations avec des gens qui vivent les mêmes problématiques que vous. J’ai rencontré plein de gens intéressants! Il faut dire que les recruteurs ont habituellement un côté marketing fort développé, le réseautage pour eux, c’est presque inné. Donc, beaucoup de discussions animées, beaucoup de belles et surtout d’intéressantes rencontres.

J’ai assisté à l’atelier des gars de Neuvoo (Greg Deleneuville et Maxime Droux) intitulé « Stratégies de visibilité et affichages, comment mesurez-vous le retour sur l’investissement? » Je suis toujours attirée par les termes « retour sur l’investissement ». Vous connaissez Neuvoo? Non, eh bien, vous devriez. Leur produit vedette est un agrégateur d’emploi. À quoi cela sert-il? À trouver toutes les offres d’emplois répertoriés au même endroit (si l’on veut, on pourrait dire un Indeed québécois). Dans l’atelier, la conversation a dérivé vers les systèmes de gestion des candidatures (ou ATS -Application Tracking System dans la langue de Sheakspeare). Ce que je retiens, c’est que pour un bon retour sur l’investissement, il faut utiliser à 100 % les fonctionnalités de votre système de gestion des candidatures et coupler le tout à votre site carrière.

Un autre atelier qui a attiré mon attention est celui sur le Big Data  intitulé « Que peut faire le Big Data RH pour vos recrutements? » animé par Jean-Baptiste Audrerie et Mathieu Laferrière. Ce fut fort intéressant. Ce que je retiens de cet atelier, avant de vous lancer dans un projet de Big Data, commencez donc par maîtriser vos données internes… Vous pouvez lire un résumé de l’atelier ici. Le Big Data en RH, il faut dire que cela commence à faire jaser… J’ai donné une conférence sur le sujet en septembre dernier dans le cadre d’une conférence les Affaires. Je vous promets de vous faire un petit topo sur le sujet prochainement. En attendant, avant de penser à vous lancer dans un projet de Big Data, faites ce petit test pour voir où vous vous situez. Si vous n’êtes pas encore au stade Leader ou Geek, oubliez le Big Data pour le moment… et concentrez-vous à maîtriser vos données internes.

échelle de readiness

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Voilà, c’est tout pour cette semaine. J’ai plein de contenu à produire ( planification de la relève, gestion de la performance, formation…).

Je vous dis à la prochaine! N’hésitez pas à commenter (que vous soyez d’accord ou non), n’hésitez pas à me faire parvenir des sujets sur lesquels vous aimeriez que j’élabore… J’ai mes opinions et j’aime les partager…

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Pas facile de chiffrer ce que rapportent les RH!

page couverture HECPas facile de chiffrer ce que rapportent les RH : c’est le titre que Dominique Froment, journaliste au journal les Affaires, avait donné à son article concernant le sondage sur la mesure RH au Québec. Un très bon titre, un titre qui accroche, un titre qui a du punch! Il faut dire que j’en ai dit des choses à Monsieur Froment… et il a bien rapporté mes paroles. Il ne les a cependant pas toutes rapportées, une chance). Car des fois, je m’emporte! Je dis ce que je pense et cela sans mauvaise volonté, mais au risque d’offusquer certains cœurs un peu plus fragiles. C’est pour cela que je ne suis pas diplomate ni vendeuse (les vendeurs doivent être diplomates, ils doivent « maquiller » un peu la vérité ou taire certaines choses). Toute vérité n’est pas bonne à dire (parlez-en à mon mari, maintes fois m’a-t-il répété : « tu n’es pas obligé de dire tout ce que tu penses »). Je ne suis pas obligée, mais c’est plus fort que moi!

Revenons donc au sujet de ce billet : pas facile de chiffrer ce que rapportent les RH! L’article a été écrit à la suite de la divulgation d’un sondage effectué en mai 2013 par HEC Montréal en collaboration avec SYNTELL. Ce sondage, réalisé par les chercheurs Michel Cossette, professeur adjoint au service de l’enseignement de la gestion des ressources humaines et Marie Raedecker, étudiante graduée de la maîtrise en gestion des ressources humaines, portait principalement sur le choix et le niveau d’utilisation des indicateurs de performance RH dans les organisations québécoises. Si vous voulez avoir une copie du document, je vous invite à en faire la demande à Raynald Chabot (raynald.chabot@syntell.com). Raynald, avec sa gentillesse exemplaire, se fera un plaisir de vous faire parvenir une copie!

Les grandes conclusions du sondage (selon mon interprétation) :

  • La majorité des entreprises mesure (youpi!)
  • La majorité des entreprises mesure leur efficience et non leur efficacité (pas surprenant!)
  • On mesure surtout les activités RH (c’est bien, mais cela reste très opérationnel… très loin du stratégique! Comme dirait monsieur Yves Devin « Ne me dites pas combien de personnes vous avez passées en entrevue, c’est votre job! Vous êtes payés pour cela! »)
  • La majorité des entreprises n’ont aucune idée de ce que leur rapportent leurs programmes ou leurs initiatives RH (c’est en lien avec les deux points précédents)
  • La majorité utilise Excel (c’est correct, mais Excel est une solution TEMPORAIRE. Le jour où vous atteindrez les limites d’Excel, vous m’en reparlerez. N’oubliez pas que 88 % des chiffriers contiennent des erreurs et ça, ce n’est pas moi qui le dit c’est Ray Panko, professeur à l’Université d’Hawaii)

Pour ceux qui sont friands de listes d’indicateurs, vous en trouverez une panoplie dans le document synthèse. Plein d’indicateurs se rapportant aux effectifs, aux attitudes et aux comportements au travail. Vous pourrez aussi y trouver une liste d’indicateurs pour le recrutement (dotation), la formation et la rémunération.

Pourquoi devez-vous vous soucier des indicateurs de performance en RH? Ma réponse : pour prouver votre contribution envers les objectifs d’affaires de votre organisation. Vous pensez que vous n’avez rien à prouver. Et bien, moi ce n’est pas ce que j’entends!!! Les autres départements (finance, opérations, vente, marketing, etc.) arrivent à la table avec leurs indicateurs. Vous êtes les seuls pour qui cela semble si compliqué… Je vous le dit les indicateurs (les chiffres, les $, les faits, les évidences) vous permettront de mieux plaider votre cause!

Finalement, juste pour vous remémorez quelques principes appris à l’Université :

Les différentes catégories d’indicateurs RH:

  • Indicateurs d’activités RH : Mesure la consommation de ressources RH (temps et argent). Par exemple : Les heures de formation par employé, le nombre d’entretiens de recrutement par recruteur.
  • Indicateurs de sortie d’activités RH : Mesure les résultats d’activités RH. Par exemple, le nombre de postes pourvus, le nombre de plaintes traitées ou le délai de dotation moyen.
  • Indicateurs de résultats RH : Mesure les modifications d’attitude et de comportement des employés. Par exemple, le taux d’absentéisme, le taux de roulement ou le climat de travail.
  • Indicateurs de résultats organisationnels : Mesure l’atteinte des objectifs d’entreprise. Par exemple, l’amélioration du service à la clientèle, l’amélioration des ventes ou l’amélioration de la productivité.

Comme je l’ai déjà dit dans un de mes billets précédents (La question à 1000$, comment devenir stratégique). La prochaine fois que vous verrez votre président, dites-lui : « Suite au programme de formation suivi par nos gens du service à la clientèle, la satisfaction de nos clients a augmenté de 8 % au dernier trimestre et en plus, nous avons observé une augmentation des ventes de 15 % par rapport à l’an dernier. Nous avons aussi observé un taux de rétention de 90% dans le département du service à la clientèle ce qui se transpose en une augmentation de 1000 $ pour notre revenu par employé. »  Ou bien, vous pouvez continuer à lui dire : « Nous avons formé 55 employés lors du dernier trimestre ». Je doute alors que vous ayez une invitation pour la prochaine réunion du comité de direction.

Je sais, c’est un PEU exagéré, mais c’est juste pour faire passer mon point!

Je vous dis à la prochaine! N’hésitez pas à commenter (que vous soyez d’accord ou non), n’hésitez pas à me faire parvenir des sujets sur lesquels vous aimeriez que j’élabore… J’ai mes opinions et j’aime les partager…

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Mesurez et optimisez la performance de vos programmes RH

mesurez et optimisezLa semaine dernière avait lieu à Montréal une Grande Conférence les Affaires qui portait sur une de mes grandes passions (derrière, bien entendu, ma fille et mon mari…) : la mesure en RH. Je vous dis que j’avais hâte! Premièrement, j’avais hâte de voir s’il y aurait du monde… et deuxièmement j’avais hâte de voir de quoi aurait l’air ce monde! Eh bien, je n’ai pas été déçue. Beaucoup de monde, beaucoup de beau monde (je vous l’ai déjà dit J’AIME les gens de RH), beaucoup de discussions et surtout beaucoup d’interrogations! Plusieurs belles conférences sur des projets de tableaux de bord et d’indicateurs de performance.

Il faut dire que la journée a bien commencé, par un mot d’ouverture du président d’honneur de l’évènement, M. Michel Cossette, professeur au service d’enseignement de la gestion des ressources humaines des HEC Montréal. M. Cossette a bien mis la table en nous expliquant qu’au Québec, les entreprises mesurent… mais pas nécessairement les bonnes choses. Je voudrais aussi souligner que M. Cossette est le SEUL professeur qui enseigne la mesure RH dans une université francophone (au Québec)… S’il y en a d’autres, c’est le temps de vous manifester, car moi, je ne vous ai pas encore trouvés (et pourtant, j’ai cherché). Il a été suivi par M. Yves Devin, ex-directeur général de la STM. Ce n’est pas la première fois que j’entendais M. Devin… et je peux vous dire qu’il était égal à lui-même. Il n’a pas la langue dans sa poche! On les aime comme ça. Saviez-vous que M. Devin est un des SEULS directeurs généraux (ou présidents ou CEOs) issus de la branche ressource humaine au Québec? S’il y en a d’autres, c’est le temps de vous manifester, car moi, je ne vous ai pas encore trouvés (et pourtant, j’ai cherché…). Je vous retranscrits quelques citations de sa conférence (hors contexte, mais quand même) :

« Maudit qu’on est moumounes! (en parlant des RH) pas capable de trancher (ou de prendre une décision) ».

« 70% du P&L (de l’anglais Profit and Loss) de la STM sont des RH… il faudrait peut-être s’en occuper ».

Et finalement, « Vous avez la solution (en parlant des RH)! »

Très inspirant, en tout cas, si j’avais été en RH, je me serais sentie concernée…

Par la suite, on a eu des présentations de cas d’entreprises, tous de bons cas, tous différents, mais dont on pouvait tirer plusieurs leçons et conseils! Je pourrais vous faire un résumé de chaque conférence, mais… ce serait un peu long. Voici ce qui m’a marquée :

Présentation d’Héma-Québec (Hélène Akzam et Claudette Sauvé) : Quel beau projet! et bien structuré en plus! L’élément déclencheur pour la mise en place d’indicateurs de performance : l’arrivée d’un nouveau président et un changement de culture (cela prend toujours un élément déclencheur!) Une citation de Mme Akzam : « Les RHs sont les gardiens des cibles à atteindre (j’adore!) ». Il faut partir des objectifs stratégiques de l’organisation (celle-là, on l’a entendu dans toutes les présentations – ou presque!). Quelques pièges à éviter : Sous-estimer l’accès aux données, croire qu’il est facile de s’entendre sur les formules de calcul et amalgamer (trop tôt) des données qui ne pourront être forées (par la suite).

Présentation de Transat A.T. (Ronny Bernatchez et Pierre-Yves Legault) : Très belle présentation! Ils ont sélectionné leurs indicateurs selon quatre grands axes : le développement organisationnel (promotion, relève, formation et roulement), le partenariat d’affaires (satisfaction des clients desservis, participation aux PAE), l’efficacité organisationnelle (postes comblés, invalidités court terme, accidents de travail) et finalement, l’axe financier (coût de main-d’œuvre et coût de la fonction RH). Ils m’ont laissé sur ma faim pour l’axe financier, je m’attendais à autre chose du genre : ROI du capital humain, ou ventes par employés… et ils m’ont laissé de glace lorsqu’ils ont dit qu’ils mettaient à jour leur tableau de bord aux six mois… Six mois… je ne sais pas, mais il y le temps de s’en passer des choses en six mois… des situations ont le temps de dégénérer…, on est loin du temps réel… mais bon, au moins, ils ont un tableau de bord, à partir de là,  ils ne peuvent que s’améliorer…

Agence de la Santé et des Services Sociaux de la Montérégie (Jacques Fortin et Johanne Blain) : Encore une belle présentation! Tout un projet (il faut dire que j’ai un parti pris, ASSSM est notre client…). C’est probablement le plus gros projet de tableau de bord et d’intelligence d’affaires en RH au Québec.  Vous vous imaginez plus de 200,000 employés (10% de la main-d’œuvre active du Québec) et on est capable d’avoir un portrait de cette main d’œuvre en temps réel! Pendant la présentation, beaucoup d’emphase a été mise sur le vieillissement; autant de la population (augmentation de la demande en service) que de la main d’œuvre (augmentation des départs à la retraite). C’est vraiment le secteur d’activité le plus touché par les changements démographiques! Ils ont, eux aussi, terminé avec quelques conseils : avoir un environnement technologique à la fine pointe et qui pourra évoluer dans le temps, offrir la simplicité d’utilisation aux gestionnaires (qui ne sont pas tous des « whiz kids ») ainsi que de la flexibilité pour les usagers plus matures (exploitation libre de la donnée). Le conseil le plus important (selon moi) n’attendez pas que vos données soient parfaites, c’est un processus itératif et vos données s’amélioreront avec le temps!

Uniboard (Erick Boily) : Une présentation bien différente des trois autres! M. Boily nous a parlé surtout de ses expériences avec la mesure et les indicateurs. Voici ce qui m’a marquée : les indicateurs ne sont pas éternels, ils peuvent même être très ponctuels! Souvent, il a utilisé des indicateurs pour un certain temps simplement pour faire ressortir des problématiques ou pour faire passer un message. Ses conseils : faire attention à la qualité des données, être aligné avec la stratégie d’affaires, ne pas avoir trop d’indicateurs, ne pas attendre que l’on vous dicte vos indicateurs et surtout ne pas publier d’indicateurs si vous ne pensez pas passer à l’action!

Banque Nationale (Christian Duplessy) : J’ai bien aimé cette présentation! Plusieurs concepts intéressants. Bien entendu, là encore l’emphase est mise sur l’importance de partir des objectifs stratégiques des organisations. Mais, ce qui m’a beaucoup plus dans leur démarche c’est la « Tour de contrôle RH » : un genre de processus pour prioriser les interventions RH (on ne peut pas toujours tout faire, d’où l’importance de prioriser…). Voici quelques indicateurs qui se retrouvent sur le tableau de bord du comité de direction (volet RH) : le taux de roulement (un incontournable), l’engagement des employés (ils sont Employeurs de choix quand même), la formation dans les succursales sur les différents produits (très relié à des enjeux financiers) et la stabilité en poste (surtout des employés en contact direct avec la clientèle). Les indicateurs sont mis à jour aux trois mois (ce n’est pas rapide, mais… à leur décharge, ils n’ont pas d’outils, tout est dans Excel). Point très marquant (pour ma part) : ils ont une personne dédiée à accompagner les gens de RH dans la culture de la mesure (simplement wow!).

Groupe Promutuel (Éric Drouin et Catherine Privé d’Alia Conseil) : Je n’ai malheureusement pas grand chose à dire sur cette conférence. Si ce n’est que les organisateurs ont probablement voulu montrer qu’il n’y avait pas seulement le quantitatif dans la mesure RH, mais bien aussi une part importante de qualitatif (et je suis entièrement d’accord avec cela – même si je suis plus du genre quantitatif). Le conférencier a passé beaucoup trop de temps sur la description de l’entreprise… J’aurais aimé, pour ma part, (et c’est très personnel) en entendre davantage sur l’outil utilisé (L’Engage-O-Mètre), sur la démarche et sur les prochaines étapes… ce ne fut pas le cas.

La dernière conférence était donnée par moi-même. Donc, on va laisser faire l’auto-promotion et je vous écrirai peut-être un jour un billet sur les RH et le Big Data (sujet de ma conférence). En attendant, vous pouvez toujours relire mon dernier billet intitulé « Je veux faire de l’analyse prédictive avec mes données RH! ».

Finalement, j’ai assisté aux deux ateliers du lendemain; une qui portait sur comment se positionner comme partenaire stratégique (donné par Nathalie Paquette d’Alia Conseil) et l’autre sur comment bâtir un tableau de bord RH (donné par Frédérick Blanchette et Marie-Josée Normand du Groupe-Conseil Solertia). Les deux ateliers étaient fort intéressants! J’ai bien apprécié les échanges du matin sur comment se positionner de façon stratégique dans l’organisation. Il faut dire que la conférencière utilisait un modèle de Dave Ulrich sur les 6 domaines de compétences (tiré de son livre : HR from the Outside In : Six Competencies for the Future of Human Resources).

J’ai au moins un point en commun avec la conférencière  (peut-être d’autres aussi, mais on n’a pas eu le temps d’élaborer): nous sommes FAN d’Ulrich! Je pense que je vous l’ai déjà dit : j’ai son autographe affiché bien en vue dans mon bureau! Vous pouvez lire un de mes billets à ce sujet : J’ai vu (et surtout entendu) Dave Ulrich.

Revenons aux échanges du matin entre gens de RH (je me trouve très privilégiée d’avoir pu assister à ces échanges… cela continue à alimenter ma réflexion sur le rôle stratégique des RH), j’ai pu sentir un certain sentiment d’urgence de la part des personnes présentes, on sent un vent de changement en RH, je sens que les RH comprennent qu’ils devront s’adapter, qu’ils devront passer à un autre niveau, mais je sens aussi une certaine incertitude, une crainte (je serais portée à dire un manque flagrant de confiance…) devant l’ampleur de la tâche à accomplir! Et pour reprendre ce que j’ai déjà dit : « Vous devez détenir certaines compétences pour devenir un gestionnaire RH accompli soit : la pensée stratégique, le développement et l’exécution de stratégie, la connaissance approfondie de votre domaine d’activités, un sens aigu des affaires, un sens éthique, la maîtrise du développement organisationnel, la prise de décision, le travail d’équipe en plus de connaissances technologiques approfondies. Toutes des choses vraies, mais quand même assez vagues et surtout qui s’adressent à n’importe quel gestionnaire (RH ou non). Avoir une pensée stratégique? Mais encore… » Pour terminer, voici donc mes quatre conseils :

  • Vous êtes assis sur une mine d’or (les données RH), apprenez à vous en servir!
  • Aimez l’odeur de l’argent : comprenez comment votre entreprise fait son argent!
  • Utilisez votre boule de cristal en ce qui concerne la gestion du talent (qu’est-ce qui va arriver? Qu’est-ce qui risque d’arriver? Avez-vous assez de ressources techniques? De gestionnaires? D’ingénieurs? Où sont les écarts de compétences? Etc.)
  • Souvenez-vous que les indicateurs RH sont une des clés de votre succès.

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Je veux faire de l’analyse prédictive avec mes données RH!

analyse prédictive2Je l’ai entendu quelques fois celle-là! On veut faire du prédictif, on veut faire comme Google et prédire qui sont les employés à risque de partir… Bel objectif… Avec l’arrivée du « Big Data », on en entend de toutes sortes. Comme on dit par chez nous : « Wô les moteurs, c’est bien beau le “Big Data”, c’est bien beau le prédictif, mais il ne faut pas mettre la charrue devant les bœufs. »  Pour ceux, qui ne savent pas de quoi je parle quand je parle de « Big Data », je vous invite à consulter mon billet sur mes prédictions technologies RH 2013. J’ai un paragraphe complet sur le « Big Data » (et si vous n’avez jamais entendu parler du « Big Data », je vous supplierais de lire un peu sur ce qui se passe en techno ces jours-ci).

On peux-tu revenir à la base? Et transformer nos données RH en informations qui serviront à prendre de meilleures décisions? Je vous suggère les 4 étapes suivantes pour y arriver et oui, il faut commencer par l’étape 1 avant d’arriver à l’étape 4…

Étape 1 : Des rapports et des indicateurs de base (et le plus souvent ad hoc), c’est le point de départ. C’est un premier pas nécessaire qui vous permettra de communiquer des informations (malheureusement passées à moins d’avoir un outil informatique qui automatise la mise à jour de vos indicateurs) sur votre main d’œuvre comme le taux de roulement, le nombre d’employés ou le délai de dotation. Il faut quand même s’assurer que les données soient précises et exactes. Des données ou des calculs nébuleux ne sont pas une option… votre réputation en souffrirait (et vous n’avez pas besoin de cela…). Mettez-vous donc chum avec le département des finances, cela pourrait vous aider… (Je vous invite à lire mon billet sur le sujet : Gens de RH, mettez-vous donc « chum » avec le V.-P. Finance…

Étape 2 : Inclure des données de benchmarking (données externes) et faire une utilisation judicieuse des tableaux de bord. Le fait d’ajouter des données de benchmark donne plus de profondeur à vos rapports en vous permettant de vous comparer à d’autres organisations de votre secteur d’activités, de votre taille ou de votre région.   Pour plus d’informations sur le benchmarking, je vous invite à lire mon billet sur mezuRH, un programme de benchmarking entièrement québécois…

Pour pouvoir utiliser des tableaux de bord de façon efficiente, vous devez déterminer quels indicateurs sont en lien avec les objectifs stratégiques de l’organisation. Vous devez répondre à la question « Quels problèmes voulons-nous résoudre. »  Cela dépend de VOTRE organisation et cela dépend de VOS résultats attendus et de VOS objectifs d’affaires. Quels sont les résultats attendus par la haute direction? Davantage de ventes, de la croissance, plus de profits, un meilleur service, des produits de qualité? Quels sont les indicateurs de performance qui vous permettront de mesurer l’atteinte des objectifs stratégiques? Et surtout quelles actions en tant que gestionnaire RH devez-vous poser pour l’atteinte de ces objectifs? Pour cela, il faut partir du haut, partir des objectifs, partir des résultats attendus. N’oubliez pas que trop d’indicateurs, c’est pire que pas assez. Voici ce qui est privilégié :

  • Pour le tableau de bord du conseil de direction : 6 à 8 indicateurs de haut niveau.
  • Pour le tableau de bord de la haute direction : 6 à 8 indicateurs (par direction) avec possibilité de forage vers différents niveaux.
  • Pour le tableau de bord des gestionnaires RH : à peu près 15 indicateurs (ou moins).

Étape 3 :  Identifier et implanter un outil d’intelligence d’affaires (BI ou Business Intelligence) pour les RH (là, je vais faire ma petite minute de publicité : SYNTELL est un spécialiste en intelligence d’affaires, et ce, depuis plus de 25 ans. Nous avons développé un outil SPÉCIFIQUEMENT pour les RH – SYNTELL Capital Humain incluant plus de 350 indicateurs de performance RH déjà préconfigurés. Si cela vous intéresse d’en savoir plus, je vous invite à communiquer avec moi). Par exemple, le fait d’être en mesure de relier des données sur vos recrues aux résultats de vos sondages de mobilisation ainsi qu’à des indicateurs de productivité peut avoir une certaine (et non négligeable) valeur ajoutée. Cependant, les résultats générés par ce genre d’outil n’ont de valeur que s’il vous aide à prendre de meilleures décisions. Vous pourrez, grâce à ce genre d’outil,  extraire des données de multiples sources RH (SIRH, système de recrutement, système de gestion de la formation, etc., et même Excel). La seule place à laquelle ces outils ne peuvent se connecter c’est au cerveau des gestionnaires (et là encore, cela va peut-être arriver un jour, qui sait?). Aussi, être en mesure d’inclure des données provenant de systèmes non RH (système financier, système de gestion des plaintes, réseaux sociaux, etc.) pour les corréler avec vos autres données est une autre étape importante pour vous rendre à l’étape 4.

Étape 4 : L’analyse prédictive est le Saint-Graal du “workforce analytics”. Je suis persuadée que la mise en place d’une pratique « workfoce analytics » dans votre organisation vous permettra, non seulement de parler le langage du comité de direction (lire ici langage financier), mais aussi de développer le niveau stratégique de la profession Ressources humaines (avec un grand R). Si vous voulez comprendre davantage ce qu’est le « workforce analytics », je vous invite à lire mon billet sur le sujet : Pourquoi votre organisation a-t-elle besoin de « workforce analytics »?

L’analyse prédictive utilise une variété de techniques provenant du monde de la statistique, de la modélisation et de l’exploration de données (data mining). Le but est d’analyser les données courantes et historiques pour générer des prédictions sur le futur. Bien entendu, pour arriver là, je vous conseille d’avoir à l’interne un spécialiste (ou de faire affaire avec quelqu’un de compétent).

L’intuition (tant féminine que masculine), l’instinct ou les impressions du genre “j’ai un bon feeling” ne devraient pas être à la base de vos décisions importantes. Cependant, sans l’implantation de ces quatre étapes (ou quelque chose qui y ressemble), plusieurs gestionnaires RH se rabattent sur leur intuition pour prendre des décisions sur leur actif le plus important : leur capital humain.

Écoutez-moi (et surtout, croyez-moi), vous êtes en possession des données nécessaires pour débuter votre ascension vers le prédictif.  Vous avez seulement besoin d’une stratégie et d’un petit coup de main pour faire une meilleure utilisation de toutes les données présentes dans votre organisation!

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Priorités, préoccupations et indicateurs de performance RH

priorité RHJe suis contente de vous écrire aujourd’hui, il me semble que cela fait longtemps, trop longtemps… Il faut dire que nous avons la broue dans le toupet chez SYNTELL. Déjeuners-conférences,  démonstrations de plus en plus nombreuses de notre outil de « workforce analytics » (avis aux intéressés et aux férus de la langue française, je suis toujours à la recherche du terme français pour « workforce analytics »), atelier sur les indicateurs de performance RH en entreprises et aussi celles en coopération avec les Évènements Les Affaires, lancement prochain de mezuRH et partenariat avec HEC Montréal. Tout cela demande beaucoup de préparation de contenu, beaucoup de lecture, beaucoup d’écriture… Et là, il ne faut pas oublier que le produit doit continuer à évoluer en plus d’avoir un œil sur les implantations chez nos clients. Il faut aussi que je continue ma vigie sur les nouveaux développements, les nouvelles tendances, ce qui se passe dans le monde RH. Heureusement, pour ce faire, j’ai trouvé un outil intéressant : Scoop.it. Je vous invite à venir voir mon Scoop.it : Mesurer le Capital Humain. Vous y trouverez une foule d’informations sur plein d’aspects (que je trouve important et intéressant) du capital humain et des ressources humaines.

Comme dirait ma consoeur Johanne : « Attention, les boys (parce que l’on travaille majoritairement avec des gars) le tsunami s’en vient! ». Moi, ma planche de surf est prête. Il y a plein de signaux dans le marché qui nous disent que les gens de RH se préparent à intégrer les outils de tableaux de bord et des indicateurs de performance dans leur quotidien. Je vous le dis plein de signaux… et là je ne parle que du Québec.

Je voudrais partager avec vous les résultats d’un sondage que nous avons fait lors de notre série de déjeuners-conférences sur la guerre des talents.

À la question : Quelles sont vos plus grandes préoccupations RH? Voici la distribution des réponses obtenues.

Les priorités 2013 sondage

Sans surprise, l’attraction et la rétention de talents (92 %) sont la première préoccupation RH, suivi de près par la mobilisation et la motivation des employés (à 82 %). Bien que notre sondage ne soit pas très scientifique, il est quand même en ligne avec un sondage effectué par SHL (SHL publie un rapport fascinant sur les tendances globales de l’évaluation).

Ce rapport propose aux spécialistes RH une vision globale de la façon dont les entreprises évaluent leurs talents tout au long du cycle de vie de l’employé. Le rapport aborde trois domaines : le panorama des RH en 2013, l’utilisation des évaluations au sein des entreprises et l’usage de la technologie dans les procédures RH. La première partie m’a particulièrement interpelée. Voici les priorités RH (ou préoccupations RH) par ordre décroissant pour 2013, et ce, pour les économies établies (on enlève les données concernant les économies émergentes).

Priorités RH SHL

Ces priorités reflètent l’importance constante, dans une économie mondiale de plus en plus concurrentielle, de maximiser la contribution des employés existants et d’utiliser leur expérience. Le développement du leadership, on le sait, devient crucial avec cette horde de baby-boomers qui quittent pour la retraite. De plus, l’impact du leadership sur la mobilisation et la rétention est majeur (vous le sauriez si vous aviez assisté à notre déjeuner-conférence sur le développement du leadership…). Juste une petite statistique pour vous le démontrer. Selon DDI, les organisations qui ont un indice de qualité du leadership élevé sont 13 fois plus susceptibles de surclasser leurs concurrents, et ce, en termes de : rendement financier, qualité des produits et services, engagement des employés et satisfaction des clients.

Les résultats sont clairs, les organisations qui investissent dans le développement du leadership démontrent une performance financière supérieure comparée à celles qui ne le font pas.

Pour revenir à l’étude de SHL, l’une de leurs conclusions concerne l’utilisation des données (et des indicateurs de performance RH) pour permettre la réussite des initiatives concernant la gestion des talents (comme une initiative de développement du leadership, ou une nouvelle initiative de mobilisation). Selon eux, malgré la quantité importante de données dont disposent déjà les entreprises, rares sont celles ayant une bonne compréhension de leur capital humain et moins de la moitié utilise ces données lors de la prise de décisions. Pourquoi? Manque d’outils? Manque de capacités? Manque de compréhension? Manque de budget?  Pourtant…

Pour finir, je veux vous laisser avec d’autres statistiques découlant de nos déjeuners-conférences. À la question, quels sont les principaux indicateurs que vous présentez (ou aimeriez présenter) à votre haute direction? Voici les réponses :

Indicateurs

C’est bien, tout le monde ou presque, calcule ou aimerait calculer le taux de roulement… Bravo! Mais qu’en est-il du taux de roulement des meilleurs? Seulement 34 % le calcule (ou aimerait le calculer). C’est peu, trop peu. Un taux de roulement global est intéressant, mais peut être trompeur. Qu’est-ce que cela donne de savoir que mon taux de roulement global est à 16 %, si je ne sais pas que 25 % de mes plus performants quittent (et que seulement 7 % de mes moins performants le font). Une autre chose surprenante est la très basse utilisation des indicateurs financiers… Comment pouvez-vous prouver que vos initiatives RH obtiennent un bon retour sur l’investissement si vous n’utilisez pas d’indicateurs financiers?

Allez, réfléchissez un peu…

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4 astuces pour être plus stratégique!

Comme j’ai de la suite dans les idées! Et comme je m’aperçois bien que aussitôt que j’écris : devenir stratégique, les « hits » sur mon blogue augmentent de façon fulgurante! Je me suis dit : les gens de RH  cherchent vraiment la recette pour devenir stratégiques.  Désolée de vous décevoir, mais je ne pense pas qu’il existe de recettes éprouvées, de formules magiques, ou d’incantations vaudou (mais vous pouvez quand même continuer à lire). Cependant, je crois qu’il existe quelques éléments gagnants, appelons cela des astuces…

Lors de mon dernier billet, je vous parlais d’une étude de i4cp qui déterminait que les compétences nécessaires pour devenir un gestionnaire RH accompli étaient : pensée stratégique, développement et exécution de stratégie, connaissance approfondie du domaine d’activités, sens aigu des affaires, sens éthique, développement organisationnel, prise de décision, travail d’équipe et connaissances technologiques. Toutes des choses vraies, mais quand même assez vagues et surtout qui s’adressent à n’importe quel gestionnaire (RH ou non). Avoir une pensée stratégique? Mais encore…

C’est pourquoi je me suis dit : «  Pourquoi ne pas trouver 4 astuces pour aider mes amis de RH! » Les voici donc (l’ordre n’a aucune importance) :

  1. Vous êtes assis sur une mine d’or! Cette mine d’or se nomme : les données RH. Vous avez l’ « ownership » des données RH! Quel avantage! Utilisez-les (les données…).  Selon PwC, le talent est la priorité no 1 des chefs d’entreprise (référence à un billet que j’ai écrit à ce sujet). Si le talent est la priorité no 1, qui détient les données sur le talent : LES RH! Votre plus grand défi : toutes ces données se trouvent dans des bases de données séparées et c’est pourquoi vous devez penser à une façon d’accéder rapidement à toutes ces sources pour pouvoir en sortir l’information tant convoitée. Il n’existe qu’une façon : l’intelligence d’affaires ou BI. Si vous avez besoin de plus d’informations, j’ai pas mal de petits amis qui sont fort là-dedans!
  2. Aimez l’odeur de l’argent. Je sais, si vous aviez aimé l’argent, vous ne seriez pas en RH. Vous, ce que vous aimez, ce sont les personnes. Mais essayez, je vous le dis : vous devez comprendre comment votre organisation fait son argent! Eh oui, le but premier de votre entreprise est de faire de l’argent (j’espère que je ne vous apprends rien…). Lisez le rapport annuel, posez des questions à votre grand « chum » des finances (là encore, cela me rappelle un billet que j’ai écrit : Gens de RH, mettez-vous donc « chum » avec le v.-p. finance). Passez du temps avec la comptabilité, les finances, les opérations, je vous le dis : ils sont fascinants… Un peu comme ma relation avec les programmeurs – un genre d’incompréhension, mais avec un brin de fascination!
  3. Utilisez votre boule de cristal. Étant donné que la gestion du talent est l’une de vos priorités (sinon la première), vous devez être en mesure d’entrevoir le futur et de positionner votre entreprise pour faire face à la croissance et gérer le changement. Qu’est-ce qui va arriver? Qu’est-ce qui risque d’arriver? Lorsqu’il est question de talent, vous devez savoir! Si vous, vous ne les savez pas, qui le saura? Est-ce que votre organisation aura assez de ressources techniques? Assez de gestionnaires? Assez d’ingénieurs? Vous devez planifier pour cela (la planification stratégique des effectifs, cela vous dit quelque chose?). Est-ce que c’est l’écart de compétences qui mettra votre organisation dans le trouble? Vous vous devez de comprendre les risques de demain pour commencer dès aujourd’hui à les atténuer! C’est votre rôle!
  4. Souvenezvous que les indicateurs RH sont la clé de votre succès. Vous devez être en mesure de « backer » les orientations stratégiques en termes d’indicateurs RH. Dans un monde où les talents qualifiés se font rares, deux tiers des PDG croient que le talent dont ils auront besoin pour les trois prochaines années proviendra de l’interne. En tant que Leader RH stratégique, vous devez connaître les principaux indicateurs de performance RH nécessaires à une meilleure prise de décision. Et vous devez être en mesure de livrer ces indicateurs à jour, et ce, en temps réel. Non pas après des semaines de compilations de données… Le monde va trop vite pour vous attendre! Vous devez vous outiller! Là encore, j’ai plein de petits amis qui peuvent vous aider (et je ne demande pas d’enveloppe brune…).

Juste pour vous démontrer qu’indicateurs de performance et tableaux de bord riment avec stratégique, voici un petit graphique qui démontre que les gens de RH qui possèdent un tableau de bord (point bleu avec point vert au centre) sont tous dans le cadran partenaire stratégique. Peut-on faire une corrélation? Peut-être. Il faudrait probablement avoir un plus grand échantillon pour en être certain. Mais en tout cas, moi je trouve cela cool!

Cliquez sur le graphique pour l’agrandir.

Ce graphique est basé sur le résultat du sondage : profil de gestionnaire RH effectué en octobre 2012 par SYNTELL.

Qu’est-ce que vous en pensez? Avez-vous des commentaires? Vos opinions sont importantes pour moi (encore plus si elles sont diamétralement opposées aux miennes).

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mezuRH, mais qu’est-ce que c’est? Une solution toute québécoise de « benchmarking » pour les RH

Je peux vous dire que je suis toute excitée! Il y a bientôt 1 an que j’écris ce blogue et cela m’a permis d’entrer en contact avec vous, gens de RH! On a beau dire ce qu’on voudra, les professionnels RH ont de bien grandes qualités! Ce sont des gens parlables (et parlant), très enthousiastes et c’est une communauté qui, bien qu’elle se cherche un peu, est très dynamique. J’ai toujours eu un petit côté mère Thérésa, vouloir changer le monde! Et bien là, je travaille sur une initiative qui me permet d’allier ma nouvelle passion (les RH) avec mon côté « aidant naturel ». J’ai l’impression que j’aurai un « petit » impact sur le succès des entreprises québécoises! Mon président se plaît à me dire : « on va sauver le Québec ». C’est un peu gros comme énoncé, mais j’aime ça moi, aider (et j’aime cela voir grand!).

Notre nouvelle initiative, mezuRH, est l’aboutissement de plusieurs années de travail! En fait, mezuRH est une offre complète de «benchmarking» permettant de vous mesurer et de vous comparer par rapport à d’autres sociétés de votre secteur d’activité. Un « benchmark » typiquement québécois réalisé grâce à une technologie québécoise.

Je lisais dernièrement que selon la SHRM (Society of Human Resource Management), les entreprises du Fortune 500 consacrent environ soixante-dix pour cent (70 %) de l’ensemble de leurs charges d’exploitation à leurs coûts de main-d’œuvre. 70 % c’est beaucoup, beaucoup d’argent! La transition de la fonction RH vers un rôle stratégique repose essentiellement sur la capacité des professionnels RH à contribuer à la saine gestion de ce 70 %! C’est beaucoup, beaucoup de travail.

Pour s’améliorer, il faut se mesurer! mezuRH, c’est votre tableau de bord comprenant une série d’indicateurs-clés généralement reconnus. La solution mezuRH sera accessible en tout temps depuis n’importe quel ordinateur disposant d’une connexion Internet. Les données de votre tableau de bord seront disponibles en temps réel et seront actualisées à chaque cycle de paie. Pas de calcul, pas de sondage à remplir, pas d’entrée de données de votre part et « talala » roulement de tambour : un nouveau « benchmark » à chaque cycle de paie (avec en prime un tableau de bord)!

Nous sommes présentement à compléter une étude exhaustive sur l’utilisation des indicateurs de performance RH par les entreprises du Québec. On veut choisir les indicateurs qui rallient la majorité d’entre vous. Et c’est là que l’on a besoin de vous! Que vous soyez en entreprise privée ou publique, que vous agissiez comme consultant RH (travailleur autonome, petites firmes ou grandes firmes), on veut vous entendre! Remplissez notre sondage sur les indicateurs que vous considérez comme importants. Vous contribuerez ainsi à la réalisation d’une des plus importantes initiatives stratégiques en gestion du capital humain au Québec.

Sondage sur les indicateurs RH

Pour vous donner une petite idée, voici les principaux indicateurs que nous avons choisis. Je vous entends : « moi, je trouve qu’il en manque! » Bien oui, ils ne sont pas tous là! Nous sommes partis de la prémisse de vouloir faire participer le plus grand nombre d’entreprises possible. Mais malheureusement, ce n’est pas tout le monde qui est « super » équipé en SIRH ou en système de gestion du talent. Il fallait trouver des indicateurs que nous pouvions dériver des données disponibles dans votre entreprise. Et, la meilleure source : votre système de paie.

Donc, voici les principaux indicateurs que nous pouvons générer à partir de votre système de paie (et quelques données provenant de votre grand livre) :

Coûts, revenus et optimisation :

  • Revenus par ETC (employé)
  • Charge d’exploitation par ETC (employé)
  • Profit net par ETC (employé)
  • Taux de rendement du capital humain
  • Coût total de MO en % des charges d’exploitation
  • Coût total de MO en % des revenus
  • Charge d’exploitation par ETC (employé)

Recrutement et dotation :

  • Ratio d’embauche net
  • Ratio de recrues
  • Taux de roulement des recrues à 90 jours

Leadership et développement :

  • Taux de stabilité des gestionnaires (cadres)
  • Étendue de responsabilité des gestionnaires (cadres)
  • Investissement en formation par ETC (employé)

Rémunération :

  • Rémunération moyenne

Département RH :

  • Dépenses RH par ETC (employé)
  • Dépenses RH en % des charges d’exploitation
  • Dépenses RH en % des revenus

Organisation et structure :

  • Âge moyen
  • Ancienneté moyenne
  • Nombre moyen de jours de maladie payés par employé
  • Pourcentage d’employés à temps partiel

Taux de roulement et rétention :

  • Taux de roulement dans la première année
  • Taux de roulement volontaire dans la première année
  • Taux de roulement total
  • Taux de roulement volontaire
  • Taux de roulement involontaire
  • Âge moyen des retraités
  • Taux de départs à la retraite

Si vous voulez comparer votre performance RH avec des organisations similaires, mesurer les retombées de vos programmes en RH, aligner vos initiatives RH sur les enjeux de votre organisation et faire évoluer votre fonction RH vers un rôle stratégique, faites un premier pas et répondez à ce sondage!

Sondage sur les indicateurs RH

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« L’Humain » dans mesurer le capital humain

En ce retour de vacances, je voulais vous entretenir sur un sujet plus léger : pas de calcul, pas de tableau, ni graphique et ni formule mathématique. Simplement, une réflexion, ma réflexion, sur la peur qu’ont certains professionnels RH envers les indicateurs de performance RH.

Qu’est-ce  qui freine l’implantation d’indicateurs de performance RH? Certainement plusieurs choses. Mais une qui me contrarie un peu, c’est cette peur de déshumaniser la fonction ressources humaines. Lors de la publication de billets précédents, j’ai reçu des commentaires tels que : « N’oubliez pas que vous parlez d’hommes et non pas de choses que l’on peut jeter.» Ou encore : « Je ne peux que « bondir » quand je vois écrit: « capital humain ». Mais où sont les Droits de l’Homme, la charte de l’ONU de 1948? Et les valeurs chrétiennes tout simplement. »

Je sais, c’est un peu exagéré comme commentaire, mais effectivement plusieurs professionnels RH croient qu’il est impossible de mesurer le capital humain car les phénomènes humains ne se prêtent pas à la mesure. Il est difficile de mesurer ce que l’on ne maîtrise pas…  La gestion des ressources humaines n’est pas une science…

Eh bien, c’est là que vous vous trompez ! Je ne crois pas que la gestion des ressources humaines soit simplement un art, mais qu’il est possible d’introduire la science décisionnelle de ce côté de la clôture. C’est une évolution que doit prendre la profession. Et de conclure que cette évolution déshumanise la profession est, selon moi, une très mauvaise conclusion.

L’expérience nous démontre que d’établir une approche disciplinée, basée sur des faits, et oui, une approche scientifique à la prise de décision RH contribue à une gestion éclairée et au développement des  gens.   On veut mesurer les résultats de nos pratiques RH, non pas percer le secret de la complexité humaine ou celui de la Caramilk !

Plusieurs études démontrent que l’utilisation d’indicateurs RH aide à mettre en place les bonnes stratégies d’affaires. Et ici, je ne parle pas simplement de stratégie RH mais bien des stratégies qui ont un impact sur la destinée de l’entreprise. Selon une étude menée par Accenture en 2004 intitulée « High Performance Workforce Study », la différence principale entre les bons départements RH et les moins bons est que les meilleurs mesurent l’impact de leurs initiatives RH sur les résultats d’entreprise. N’oubliez pas tout ce qui se mesure, s’améliore!

Voici ce que dit le Dr John Sullivan, professeur et auteur américain : « Après 30 ans à étudier les départements RH des entreprises, j’ai découvert ce qui différencie une bonne équipe RH d’une dans la moyenne; c’est l’utilisation étendue des indicateurs de performance. » 

Malheureusement, ce qui freine l’adoption d’indicateurs RH tient du fait que certains professionnels RH (de façon consciente ou non) voient leur discipline comme un art (et attention! Je n’ai rien contre les artistes, au contraire!). Or, la gestion RH est comme son nom l’indique de la GESTION. Et la gestion exige la mesure!

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Rencontre du troisième type : le monde des RH et le monde des finances…

Est-ce que le fait de publier des indicateurs de performance sur le capital humain dans les rapports financiers des grandes entreprises pourrait changer la perception qu’ont les gens de la fonction RH? Peut-être… En tout cas, cela ne peut pas nuire. On ne pourra pas dire que les Américains ne font pas d’effort pour que la fonction RH soit reconnue. La SHRM (Society for Human Resource Management) vient de publier une première ébauche d’un standard pour inclure des indicateurs de performance sur le capital humain dans les documents financiers. Car qui sera responsable de ces indicateurs croyez-vous? L’instance suprême RH de l’entreprise…

Comme vous les savez, je suis férue d’indicateurs de performance RH, et j’ai voulu vous faire un petit résumé du standard.

Le secteur financier a bâti au cours des années un langage commun pour communiquer les indicateurs de performance financière des entreprises. Malheureusement, la valeur financière du capital humain des organisations est très mal adressée dans les communications aux investisseurs (Rapport annuel, Rapport de gestion, etc.). Le but du standard est d’établir des indicateurs et des mesures durables et respectées par le milieu financier. Si vous êtes comme moi, vous serez d’avis qu’il est crucial pour bien représenter un portrait complet sur la performance et la santé d’une organisation, qu’il faut pouvoir chiffrer la valeur du capital humain.

Plusieurs recherches démontrent que le capital humain d’une organisation a un impact sur le succès de cette dernière. Il n’y a rien de surprenant. Bien que plusieurs aspects du capital humain soient difficiles à mesurer, il existe quand même quelques indicateurs très utiles et surtout très parlants. Dans certains cas, l’indicateur confirmera ce que l’investisseur sait déjà, mais dans d’autres cas il permettra de fournir un signe avant-coureur d’une situation problématique en évolution.

Les indicateurs ont été sélectionnés en gardant en tête qu’ils devaient être pertinents pour les investisseurs, facilement calculables à partir d’information déjà en main et aussi vérifiables par les vérificateurs financiers.

Les indicateurs choisis sont décortiqués en six catégories et on compte 10  indicateurs au total.  En voici le résumé:

  1. Les dépenses reliées au capital humain
    1. Le montant total des dépenses pour les employés (salaires, avantages sociaux et impôts)
    2. Le montant total des dépenses en support aux employés (ex. : téléphone, ordinateur, outils, etc.)
    3.  Le montant total pour la main-d’oeuvre « non-employé » (agence, contractuel indépendant, sous-traitance, etc.)
    4. Le montant total investi en formation et développement
    5. Le nombre total d’employés (effectifs et équivalent temps complet) à la fin de la période
  2. La capacité à retenir le talent
    1. Le taux de roulement total et volontaire
    2. Ce taux ventilé selon les différentes catégories d’emplo
  3. La relève du leadership
    1. Le pourcentage de poste qui a au moins un successeur d’identifié
    2. Le pourcentage de poste pourvu à l’interne (durant la période)
  4. La qualité du leadership
    1. Un indice basé sur les résultats d’un sondage fait auprès des employés
      1. Avec de l’information sur le taux de réponse et la méthodologie utilisée
  5. La mobilisation des employés
    1. Un indice basé sur les résultats d’un sondage fait auprès des employés
      1. Avec de l’information sur le taux de réponse et la méthodologie utilisée
  6. Discussion et analyse reliées au capital humain
    1. Fournir un contexte pour aider les investisseurs à interpréter les indicateurs
    2. Divulgation de tout risque ou toutes autres informations reliées au capital humain

Personnellement, je ne trouve pas cela trop contraignant pour les entreprises. Les trois premières catégories sont facilement publiables avec un bon outil d’intelligence d’affaires. Les catégories 4 et 5 sont reliées à des sondages. Là encore avec un bon outil de sondage qui sera lié à votre outil d’intelligence d’affaires devrait permettre d’automatiser et de faciliter la publication de ces indicateurs.  Malheureusement, il existe peu d’application d’intelligence d’affaires sur le marché préconstruites et encapsulant les meilleures pratiques RH en terme d’indicateurs de performance.  Au Québec, il existe seulement une application développée explicitement pour les RH. Je vous laisse le soin de deviner… il faut bien que je fasse un peu de publicité pour le produit de l’entreprise qui m’emploie… SYNTELL Capital Humain

Si vous avez des questions sur un indicateur en particulier je vous invite à lire le document de la SHRM ou bien à communiquer avec moi, il me fera un plaisir de pouvoir vous éclairer.

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Bonne semaine!