Avez-vous un VRAI chef des ressources humaines ?

business-pug-working-on-laptop_4460x4460Chaque fois que je rencontre un ou une vice-président(e) ressource humaine dans l’exercice de mes fonctions, je me demande si c’est un VRAI. C’est à ce moment-ci que je vais utiliser la forme masculine pour simplifier mon écriture, mais dites-vous qu’il y a autant de VRAIS chefs des ressources humaines de sexe féminin que de sexe masculin. Des VRAIS, il y en a et j’en connais. Et vous, connaissez-vous des VRAIS chefs de ressources humaines ? Pour vous aider à identifier les VRAIS, j’ai fait un petit portrait robot en incluant les caractéristiques que je considère comme importantes. Simplement pour que nous ayons la même définition : le chef des ressources humaines est la personne qui occupe le plus haut niveau de la fonction RH de votre organisation. Cela peut être un premier vice-président RH, un vice-président RH ou encore un directeur RH.

Première caractéristique, il siège au comité de direction. Point à la ligne. Si votre chef ressource humaine ne participe pas au comité de direction, désolée, il n’est pas VRAI. Il est probablement un bon gestionnaire, un bon administrateur, un bon preneur de commande, un bon pompier, mais il n’est certainement pas stratégique.

Deuxième caractéristique, il est capable de s’entourer d’une bonne équipe. Et là, c’est plus que de faire le bon choix dans une pile de CV. C’est de mettre en place des stratégies de recrutement qui vont permettre de trouver la bonne personne pour chacune des fonctions de votre organisation. Le talent est actuellement une des composantes les plus importantes des organisations. Or, avec la pénurie de talent que nous vivons, l’attraction et le recrutement deviennent des pierres angulaires de votre organisation.

Troisième caractéristique, il est stratégique (et aussi créatif), il est en mesure d’analyser le contexte dans lequel évolue son entreprise et de recruter une équipe qui surclassera la compétition. Il est avant-gardiste et n’oublie jamais l’objectif ultime de l’organisation (souvent $$$). Comme je l’ai déjà dit, il fait partie du comité de direction et il est aux premières lignes du développement des stratégies de l’organisation.

Quatrième caractéristique, il est le gardien de la culture de l’organisation. Il est capable de définir et de guider les actions pour maintenir ou encore faire évoluer la culture de l’organisation. Il est capable de mettre en place des politiques et des programmes qui permettront non seulement de supporter la culture, mais aussi la mission de l’organisation. En d’autres mots, c’est le chef d’orchestre de la culture au sein du comité de direction.

Cinquième caractéristique (ma préférée), il sait compter. Le chef des ressources humaines utilise les données pour prendre des décisions au sujet de sa structure organisationnelle, pour restructurer son organisation et surtout pour faire croître son organisation. L’analytique RH fait partie de ses compétences et lui permet de trouver la bonne personne, de mesurer la performance et de prédire le succès. L’analytique RH lui permet de voir ce qui fonctionne bien et ce qui fonctionne moins bien dans ses pratiques et initiatives RH. Le VRAI chef des ressources humaines ne peut se passer des données !

Sixième caractéristique, le chef des ressources humaines carbure à l’expérience employé. Comment faire pour que nos employés aiment leurs jobs ? Comment je retiens ces gens ? Que devons-nous faire pour les mobiliser ? Le bonheur des employés ne passe pas seulement par l’argent, mais la rétention passe par l’expérience employé. Avec tous les événements de la dernière année, les employés s’expriment davantage sur le harcèlement, l’intimidation, l’intolérance et les abus de pouvoir. Le VRAI chef des ressources humaines est proactif sur ces enjeux et s’assure que tous les employés aient un milieu de travail sécuritaire et sain.

Voilà. Finalement, une petite dernière, les VRAIS sont courageux ! Ils ne se cachent pas derrière leurs politiques et leurs programmes. Ils sont devant !

Si vous connaissez un VRAI, faites-le-moi savoir, j’aimerais bien bâtir un palmarès des VRAIS chefs RH du Québec !

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Maman, c’est quoi l’analytique RH?

questionsÇa pourrait très bien être une question que me poserait ma fille… Elle ne l’a jamais fait, probablement parce que je suis sa mère! Et ce que fait sa mère, c’est dépassé! Mais j’aurais des petites nouvelles pour elle, l’analytique RH ce n’est pas « out »! C’est, au contraire, tout ce qui est de plus tendance. Mais, en fait, c’est quoi au juste l’analytique RH ?

Partons du besoin : dans le monde actuel, le monde connecté dans lequel nous vivons, dans un monde de données, de complexité et de perturbations continuelles, vous n’avez pas l’impression de perdre le contrôle ? La pénurie de talents et les attentes toujours en mouvance des nouvelles générations viennent complexifier les choses… Des données sur les employés pleuvent et les technologies pour les analyser ne cessent d’évoluer.

Tout cela mis dans un gros paquet fait en sorte que la fonction RH n’a pas le choix de changer. Elle a besoin d’adopter une mentalité analytique, d’être plus quantitative. Ça ne fera pas d’elle un robot, ça ne la rendra pas moins humaine. J’emprunte ici une phrase de Geneviève Barrette de la Banque Nationale « On peut, très bien, être centré sur les gens et utiliser les données pour mieux les comprendre ». L’analytique, ça ne mord pas! Cela vous permettra de mieux comprendre votre main-d’œuvre à un niveau que vous ne pouvez même pas imaginer. L’analytique RH peut vous offrir un avantage compétitif qui vous permettra d’être un acteur (sinon la vedette) de l’amélioration de la performance de votre organisation.

On ne se le cachera pas, l’adoption de l’analytique RH est lente. Elle est lente, mais en progression. Plusieurs organisations en réalisent déjà les bénéfices. Bien oui, on parle surtout de grandes entreprises avec beaucoup de moyens. Par exemple, IBM dans son rapport des CHRO (2016 CHRO report) nous dit que le nombre de premiers dirigeants RH qui utilisent l’analyse prédictive pour prendre de meilleures décisions sur leur main-d’œuvre avait augmenté de près de 40 % sur deux ans. 40 %, ce n’est pas rien. Plus près de nous, ici au Québec, de petites comme de grandes organisations font leur premier pas… Il y en a de plus en plus. Je le sais, je les connais et je les côtoie.

L’analytique peut servir aussi à démystifier la contribution RH. Si vous ne le saviez pas, dans le monde où l’on vit (surtout dans le monde capitaliste dans lequel on vit) les organisations se doivent de rester compétitives, elles se doivent de vendre plus de produits ou de services et d’augmenter leurs revenus et leur profit. Dans le secteur public, les organisations doivent être plus efficaces et efficientes dans leur prestation de services ou leur livraison de produit. Que vous soyez privée, publique ou à but non lucratif, vous devrez créer de la valeur. Quand on entend parler les gens de finances, marketing ou technologie de l’information, on entend encore et encore des chiffres, des chiffres et des chiffres. Quand on entend parler les gens de RH, on entend encore et encore… Des mots, des mots et des mots… Ça ne veut pas dire qu’il faut que vous parliez juste de chiffres, ça veut juste dire comme le dit mon amie Geneviève « on peut être centré sur l’humain et mieux les comprendre avec des chiffres ». Ne perdez surtout pas votre humanité… simplement, utilisez plus de chiffres pour vous aider à mieux comprendre, à prendre de meilleures décisions.

 

On peut utiliser l’analytique dans plein de sphères RH : comme pour le roulement ou la rétention, pour le recrutement, la planification des effectifs, l’optimisation de la rémunération ou encore dans la mobilisation des employés. Vous voulez des exemples :

  • Déterminer qui est à risque de quitter l’organisation;
  • Prédire la performance d’un nouvel employé;
  • Optimiser les décisions reliées à la main-d’œuvre dans un contexte de planification stratégique des effectifs;
  • Déterminer les meilleurs cheminements de carrière.

Vous trouvez que c’est toujours les mêmes exemples qu’on vous donne? Vous avez raison, il n’y a pas juste prédire le risque de départ ou la performance d’un candidat, il y a bien d’autres exemples. Vous en voulez ? Je vous invite à lire « 100 questions HR analytics can answer » produite par Laurie Bassi. Bien que cette liste date de 2013 et qu’elle soit en anglais, elle est encore très actuelle.

Deux petites choses pour terminer ce long monologue :

L’analytique ne doit pas servir qu’aux gens de ressources humaines! L’analytique RH doit être démocratisée et servir l’organisation. Cela veut dire que l’analytique RH doit être ultimement utilisé par les gestionnaires de l’organisation. TOUS les gestionnaires! Ces derniers ont besoin de plus d’informations, de renseignements et de recommandations pour pouvoir bien opérer la business! Ils ont besoin d’avoir des réponses à leurs questions et veulent prendre de meilleures décisions concernant leurs employés. Vous vous devez de répondre quasiment en temps réel, les abreuvant de réponses lorsqu’ils en ont besoin (pas dans 10 jours).

Ma deuxième petite chose, les RH doivent personnaliser leurs offres de service selon les besoins très différents des employés. L’analytique est d’un grand secours pour pouvoir adapter vos initiatives et programmes RH. Il faut voir les employés comme le fait le marketing avec leurs clients. Il faut pouvoir SEGMENTER.

Le mot de la fin : Les organisations DOIVENT mieux comprendre leurs employés. Et pour ce faire, elles DOIVENT utiliser l’analytique ! C’est un impératif !

À la prochaine !

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