Le courage et les ressources humaines

Mettons cela au clair en partant, je ne suis pas RH, je n’ai pas étudié en RH et je ne suis pas non plus CRHA. Toutefois, j’aime les gens de RH (en tout cas, la grande majorité) et je me sens bien en votre compagnie (en tous cas, la plupart du temps)!

Pourquoi je m’intéresse autant aux RH? Je ne saurais dire, probablement les hasards de la vie. Je l’ai déjà dit souvent : vous faites une job fascinante! Plein de défis, plein d’embuches (peu de budget…) mais peu de reconnaissance. Ça aussi je me questionne beaucoup là-dessus, « le peu de reconnaissance ».  Tellement que j’ai le projet d’écrire un livre sur le sujet (mon « pet project »), je l’intitulerais simplement : La Table (ou en plus long, comment se fait-il que les RH ne soient pas encore à la table des décisions?).

C’est en lisant un billet de Cathy Missildine « Changing a profession takes courage » que j’ai été interpellée par le courage, le respect et les ressources humaines. Je vous fais un résumé du propos de madame Missildine.

Qu’est-ce que les phrases suivantes ont en commun :

« Prendre le taureau par les cornes ».

« Prendre des décisions “on the fly” au risque de briser quelques conventions ».

« Parler, demander à être entendu ».

Toutes ces phrases ont en commun une chose : LE COURAGE. Le courage de changer les choses, le courage d’aller plus loin, le courage de ses opinions.

Pour passer de rôle de soutien à un rôle stratégique, cela prend du courage. Mais est-ce que la profession RH a du courage? Là elle ne parle pas en termes d’individu, elle parle en termes de la grande famille RH – la profession RH. Il y a plein de gens en RH qui ont du courage… Mais comme profession vous avez besoin de faire volte-face et de révolutionner la façon de gérer le plus précieux actif de votre organisation, c’est-à-dire le talent. Vous devez participer au succès de votre organisation et avoir un impact sur le profit, point à la ligne!

Pour la volte-face je vous conseille de lire un billet de Jean-Baptiste Audrerie – Vers un nouveau modèle RH, enfin presque! Plusieurs personnes tentent de faire bouger les RH. Mais selon moi, il faut que cela vienne de vous, que cela vienne de vos tripes, que vous ayez le goût de changer les choses. Il faut que la décision soit concertée (pis ça en RH, ça risque d’être long… des discussions interminables sur le quoi du comment – je dis cela sans rancune).  Mais pourquoi cela ne bouge pas? Toujours selon Cathy :

  • On n’aime pas les RH (vous vous souvenez surement de l’article – Why we hate HR publié en 2005 dans Fast Company).
  • Les professionnels RH ne réalisent pas l’impact ou l’effet qu’ils ont sur le profit de leur organisation.
  • Les RH sont incapables de justifier et mesurer leurs initiatives en termes financiers.
  • Les autres gestionnaires (hors RH) ont des idées préconçues sur les RH.
  • On n’a pas le respect des autres, comment voulez-vous qu’on ait du courage?

Ce sont tous des énoncés que j’ai entendu plus d’une fois!

C’est vrai qu’il est plus facile d’avoir du courage quand on a le respect. Mais, il n’y a aucun lien entre l’amour et le respect… Les finances et la comptabilité sont un mal nécessaire. En tout cas, moi je ne les aime pas plus que cela (ils sont trop carrés et trop drabes à mon goût). Mais, je les écoute quand ils parlent, je respecte leur avis. Pourquoi, croyez-vous? Parce qu’ils appuient leurs dires avec des arguments massue et surtout avec des chiffres (des signes de piastres). Même chose pour les gens de ventes (eux leur problème, c’est qu’ils parlent trop…). Mais bon, il faut faire avec. Ils sont, eux aussi, un mal nécessaire… Mais, on les respecte quand même. Pourquoi? Encore les damnés chiffres (les résultats).

L’enjeu dans le fond n’est pas la Table… Mais bien plus le respect. Comment faire pour gagner le respect de votre organisation. Je n’ai pas la réponse exacte, quelques pistes seulement.

Soyez audacieux, prenez votre place (surtout, ayez confiance en vous), n’attendez pas que l’on vous pose des questions, parlez (je dirais même plus parlez fort), appuyez-vous sur des faits (des chiffres, des dollars), innovez, sortez de votre zone de confort! Vous devez être au-devant de la parade! Vous devez CHANGER! Je vous le répète, vous gérez la ressource la plus importante de votre organisation. Je vous invite à lire un billet que j’ai écrit en juin 2012 et qui est encore d’actualité (c’est vrai que cela ne change pas vite en RH). Ce billet tiré d’une conférence du professeur Alain Gosselin, s’intitule : Il n’y a pas de meilleurs moments que maintenant pour être en ressources humaines.

Voilà! C’est tout! Qu’est-ce que vous en dites? Croyez-vous que vous devez changer? Croyez-vous que vous manquez de courage? De respect? N’ayez pas peur de me contredire, n’ayez pas peur de me donner votre opinion, le courage, c’est comme cela que ça commence (et le respect aussi)!

Pour terminer, la photo à l’en-tête de mon billet est celle d’un ami, Daniel Taillefer. Je ne pouvais pas passer à côté car quand j’ai pensé à courage, j’ai tout de suite pensé à lui… Je vous invite à lire l’article le concernant et je vous invite aussi à donner à la Société de la SLA du Québec . C’est mon « Ice bucket » à moi!

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Ressources humaines – il est temps de peser sur le bouton « reset »

Suite à mon dernier billet qui portait sur la conférence de monsieur Alain Gosselin intitulée « Décennie 2010, une occasion à ne pas manquer pour la GRH dans les PME » et bien, j’ai reçu beaucoup de commentaires et j’ai senti que les gens de ressources humaines étaient prêts à passer à autre chose. À autre chose, mais à quoi?

C’est là que je suis tombée sur un vieil article de Harvard Business Review (The new path to the C-suite) (pas si vieux que cela quand même, il date de mars 2011). Donc, dans cet article, on explique que le chemin pour se rendre dans les hautes sphères de l’entreprise (lire au comité de direction) est en train de changer. On y démontre comment les différentes fonctions de l’entreprise (marketing, finance et ressources humaines) évoluent. Et ce que l’on remarque, c’est que c’est toujours aussi difficile pour la fonction RH de se rendre jusqu’à la table.

Ce n’est pas la première fois que l’on remet en question l’efficacité et l’influence de la fonction RH. On l’a fait dans une multitude d’articles dont la plus notable est « Why we hate HR » parue dans Fast Company en août 2005 et qui continue d’être commentée sur le site de Fast Company. Ce n’est pas très reluisant pour les RH, je conseille aux cœurs sensibles de s’abstenir. Bon, vous le savez certainement, les RH sont vues comme une fonction administrative et très peu stratégique. Certains diront même que les dirigeants RH détonnent par rapport aux dirigeants des autres fonctions par leur manque de compréhension du domaine des affaires. Ouch!!!

Quoi faire? On pèse sur le bouton « reset »? Je vais répéter ce que je disais dans mon dernier billet, les astres sont alignés pour les gens de RH, et comme disait monsieur Gosselin « Il n’y a pas de meilleurs moments que maintenant pour être en ressources humaines ». Pourquoi? Parce que, pour être compétitives, les entreprises doivent être de plus en plus agiles et créatives dans la façon dont elles gèrent leur personnel, dans leur façon d’attirer et retenir les talents. Les entreprises ont aussi besoin de professionnels RH talentueux qui comprennent la stratégie d’affaires de l’entreprise et qui sont en mesure d’utiliser les données sur le talent pour améliorer l’efficacité organisationnelle. Mais pour cela, il faut peser sur bouton « reset ». Il faut revoir comment la fonction RH est gérée et surtout comment elle est structurée. 

Vous devez attirer en RH les meilleurs talents! Et pour ce faire, vous devez les payer aussi bien que le font la fonction marketing ou la fonction finance… Peut-être devez-vous aussi attirer d’autres profils (des profils plus analytiques…). Peut-être devez-vous aussi les faire travailler dans les opérations un petit bout temps pour qu’ils comprennent mieux la dynamique de l’entreprise.

Dans les structures actuelles, les RH passent la majeure partie de leur temps sur des activités administratives et à aider les gestionnaires de l’organisation avec leurs activités de gestion de personnel. C’est vrai que cela est demandant, car les problèmes de personnel, ce n’est jamais simple… et parce que ce n’est pas simple, cela prend du temps, beaucoup de temps et empêche de faire des choses plus stratégiques.

La solution? Selon Edward E. Lawler III, professeur à l’Université of Southern California (USC), peut-être devrait-on diviser la fonction RH en deux groupes : un groupe qui supporte les tâches administratives et les managers (couplé avec l’utilisation des technologies de l’information) et un second groupe qui s’occupe principalement des éléments stratégiques (comme la gestion du talent), de design organisationnel et de performance de l’organisation.

Qu’en pensez-vous? Faut-il peser sur le bouton « reset »?

Il n’y a pas de meilleurs moments que maintenant pour être en ressources humaines

J’ai eu la chance d’assister la semaine dernière à une conférence de monsieur Alain Gosselin, professeur titulaire aux HEC Montréal, dans le cadre du « Rendez-vous ressources humaines en PME » organisé par l’OCRHA. Bien que plusieurs croient que le milieu universitaire est déconnecté de la réalité, je ne suis pas de cet avis. Au contraire, je pense que le milieu universitaire peut nous aider à élargir nos horizons, à voir le monde différemment, à faire un pas en avant! J’aime cela écouter des professeurs, surtout quand ils sont dynamiques, engagés et intéressants.

Donc, si je reviens à la présentation de monsieur Gosselin qui avait pour titre la « Décennie 2010, une occasion à ne pas manquer pour la GRH dans les PME », je vous dirais que cela m’a plu, je dirais même beaucoup plu.

Voici un résumé de sa présentation :

Il faut comprendre que les organisations changent (agilité, délocalisation, consolidation, etc.), notre façon de travailler change (réseaux sociaux, statut d’emploi, rapidité, 24/7, etc.) et qu’aussi le personnel change (Les Y, la diversité, les valeurs, etc.). Cependant, est-ce que la façon de gérer notre personnel a changé? Je vous pose la question, c’est vous les professionnels RH. Je sais qu’on a changé les noms, on est passé du service du personnel au département des ressources humaines et maintenant, on parle beaucoup du capital humain. Mais en fait, est-ce que les choses ont changé?

Selon lui, pas vraiment. Malheureusement, la crédibilité des RH n’est pas très bonne. Bien que les professionnels devraient être des agents de changement, et être toujours en avant de l’organisation, leur façon de gérer n’a pas changé.

Monsieur Gosselin a donné quelques pistes pour prendre sa place dans l’échiquier organisationnel :

  1. Soyez de solides généralistes : de vrais partenaires d’affaires, des partenaires stratégiques, des experts administratifs et le champion des employés.
  2. Sortez de votre zone de confort : allez-y… allez rencontrer des clients (et ici, on parle de clients de l’entreprise, accompagnez un représentant, faites du terrain!) et « Mettez-vous donc chum avec le V.P. Finance… »
  3. Relevez votre niveau de jeu : comprendre les enjeux d’affaires et les traduire en enjeux RH. Je vous invite à lire un de mes billets à ce sujet «  Le talent : la priorité no 1 des chefs d’entreprises. »
  4. Segmentez vos interventions : on n’a pas besoin d’avoir des initiatives RH qui s’appliquent à tous les employés. Surveillez vos nouveaux, vos hauts potentiels et vos meilleurs.  Ce sont ceux-là qui sont le plus à risque de partir ou que leurs départs seraient le plus dommageables pour l’organisation.
  5. Soyez curieux : lisez, bouquinez, consultez, dévorez, feuilletez, parcourez, relisez… de l’information, il y en a partout!
  6. Soyez stratégique : c’est mon favori… plusieurs de mes billets traitaient de ce sujet, je vous invite à lire entre autres « La question à 1000$, comment devenir stratégique? »
  7. Démontrez votre valeur ajoutée : apprenez à parler le langage business, cela va vous aider! Dollars, dollars, dollars… voir « Comment mesurer le succès du département RH (partie 1 et partie 2) »
  8. Appuyez vos leaders
  9. Soyez un leader d’influence : là encore, parlez le même langage que tout le monde!
  10. Soyez attentifs à la perception de vos clients : il faut arrêter de se cacher et poser les vrais questions «Trouvez-vous que j’ajoute de la valeur à l’organisation ?» ou «Êtes-vous satisfaits de notre processus d’embauche ?»
  11. Soyez des leaders RH – ayez de la vision : j’ajouterais « soyez des entrepreneurs RH. »

Vous ne vous sentez pas réénergisé! Moi, je l’étais à la sortie de cette présentation (et puis, je ne suis même pas en RH…). Selon monsieur Gosselin – « Il n’y a pas de meilleurs moments que maintenant pour être en ressources humaines » et je suis d’accord avec lui! Regardez ce qui se passe autour de vous! Ça bouillonne pour les RH, les astres sont alignés! Allez-y foncez!

Je termine avec une autre citation de monsieur Gosselin : 

« Dans une organisation, tout ce qui est stratégique attire les mouches, si vous ne vous en occupez pas, les autres le feront! »

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